Le bingo, un jeu de hasard
Peu de jeux se résument aussi simplement : on achète un carton, on écoute des numéros et on coche. Le bingo tient pourtant depuis près de cinq siècles, du loto italien de la Renaissance aux salles enfumées de l'Angleterre des années 1960, jusqu'aux applications mobiles d'aujourd'hui.
Sa force tient à cette accessibilité totale : aucune stratégie à apprendre, aucune décision à prendre pendant la partie, aucun avantage pour le joueur expérimenté. C'est aussi ce qui en fait un jeu profondément social, longtemps associé aux salles des fêtes, aux kermesses paroissiales et aux lotos d'associations.
Comment se joue une partie de bingo
Le principe du bingo ne varie pas d'un format à l'autre. Chaque joueur dispose d'un ou plusieurs cartons portant une sélection de numéros. Un boulier, ou un générateur de nombres aléatoires en ligne, tire les numéros un par un. Les joueurs marquent ceux qui figurent sur leurs cartons, et le premier à compléter la figure demandée annonce sa victoire.
Ce qui change, c'est la taille du carton, le nombre de boules et la figure à réaliser : une simple ligne, une diagonale, quatre coins ou le carton entier. Le reste, l'âge requis, le moment où il faut crier ou la façon dont les gains sont répartis, découle du règlement retenu par l'organisateur.
Formats et variantes du bingo
Le monde du bingo se partage entre deux traditions. Le bingo à 90 boules, d'origine britannique et proche du loto français, se joue sur un carton de neuf colonnes et trois rangées, avec trois gains successifs : une ligne, deux lignes, puis le carton plein. Le bingo à 75 boules, format nord-américain, utilise une grille de cinq cases sur cinq avec une case centrale offerte et récompense des motifs souvent fantaisistes.
Autour de ces deux piliers gravitent des formules plus courtes ou plus locales, du bingo express à 30 boules aux lotos traditionnels des associations françaises. Le vocabulaire lui-même change d'un pays à l'autre : on crie « bingo » d'un côté de la Manche, « quine » ou « carton plein » de l'autre.
Un jeu de pur hasard
C'est le point sur lequel il faut être clair : au bingo, le joueur ne prend aucune décision qui influence le résultat. Les tirages sont indépendants les uns des autres et aucune méthode ne permet de prévoir les numéros à venir. Les « systèmes » que l'on croise parfois, comme la théorie de Tippett ou la sélection de cartons de Granville, relèvent de l'observation statistique et non d'une recette gagnante.
Les probabilités, elles, varient réellement : elles dépendent du nombre de cartons en jeu et du nombre de boules tirées. C'est ce qui explique qu'une partie très fréquentée offre de moins bonnes chances mais des lots plus élevés, et qu'une salle presque vide produise l'effet inverse.
Le bingo en France
La situation française mérite d'être connue avant toute chose. Les jeux de casino en ligne (machines à sous, roulette, blackjack) ne font l'objet d'aucun agrément : l'Autorité nationale des jeux ne délivre de licences concurrentielles que pour les paris sportifs, les paris hippiques et le poker. Le bingo en argent réel échappe partiellement à cette règle, puisque la Française des jeux l'exploite en ligne au titre de ses droits exclusifs sur les jeux de loterie, sous le contrôle de l'ANJ.
Les lotos traditionnels organisés par des associations restent par ailleurs autorisés, dans un cadre strict : cercle restreint, but non lucratif, mises de faible valeur et lots remis en nature. Et parce qu'un jeu d'argent n'est jamais anodin, quelques repères simples valent mieux que n'importe quelle méthode : fixer un budget avant de commencer, et ne jamais chercher à récupérer une perte.