Comment jouer au bingo
Le bingo est sans doute le jeu de hasard le plus simple qui soit. On achète un carton, on écoute des numéros, on les coche, et le premier qui complète la figure demandée annonce sa victoire. Aucune décision à prendre, aucune technique à maîtriser : c'est ce qui le rend accessible dès la première partie, à tout âge et dans n'importe quelle salle.
Reste que quelques points reviennent systématiquement : ce que dit exactement le règlement, à quel moment il faut crier, qui a le droit d'organiser une partie et à partir de quel âge on peut y participer. Voici les réponses, une par une.
Quelles sont les règles du bingo ?
Une partie se déroule toujours en quatre temps.
1. L'achat des cartons. Chaque joueur se procure une ou plusieurs grilles portant une sélection de numéros. En salle, on les achète à l'entrée ou auprès d'un vendeur ; en ligne, on les sélectionne avant le lancement du compte à rebours. Rien n'oblige à se limiter à un carton, mais chaque grille supplémentaire coûte le prix d'une mise supplémentaire.
2. Le tirage. Les numéros sortent un par un d'un boulier, une cage transparente que l'on fait tourner, ou d'un générateur de nombres aléatoires lorsqu'on joue sur écran. Un animateur, appelé meneur de jeu en France et caller dans les pays anglo-saxons, annonce chaque numéro à voix haute et l'affiche sur un tableau. Un numéro déjà sorti ne revient jamais.
3. Le marquage. Au joueur de repérer les numéros annoncés sur ses grilles et de les cocher, avec un feutre à large pointe, avec des jetons, ou automatiquement en ligne. C'est la seule véritable difficulté du jeu : suivre le rythme de l'annonceur sans rater un numéro.
4. L'annonce. Dès que la figure demandée est complète, le joueur le signale, la partie s'arrête, le carton est vérifié et le lot attribué.
Ce qui change d'un format à l'autre, c'est uniquement la figure à réaliser. Au bingo à 90 boules, la partie se joue en trois gains successifs : une ligne, puis deux lignes, puis le carton plein. Au bingo à 75 boules, l'organisateur annonce avant la partie le motif à reproduire, qui peut être une ligne, une diagonale, les quatre coins ou une forme plus élaborée.
Quand crier bingo ?
Au moment précis où la figure annoncée est complétée, et pas une seconde plus tard. C'est la règle la plus stricte du jeu : dans la grande majorité des règlements, un carton gagnant signalé après la sortie du numéro suivant n'est plus recevable, et le lot revient au joueur suivant.
Le mot employé varie selon les traditions. On crie « bingo » dans le format anglo-saxon, « quine » en France lorsqu'une première ligne est complétée, et « carton plein » lorsque toute la grille est marquée. L'essentiel est de se faire entendre suffisamment vite pour que l'annonceur interrompe le tirage.
Si plusieurs joueurs annoncent en même temps, le lot est partagé entre eux. En ligne, la question ne se pose pas : le logiciel détecte automatiquement les cartons gagnants et répartit les gains, sans dépendre des réflexes de chacun.
Quel âge pour jouer au bingo ?
Tout dépend de la présence ou non d'une mise en argent.
Sans mise, il n'y a pas d'âge. Un bingo joué en famille, à l'école, en maison de retraite ou lors d'une animation associative gratuite est un simple jeu de société. Il n'est soumis à aucune restriction et se pratique très bien dès cinq ou six ans, dès lors que l'enfant sait reconnaître les chiffres.
Avec une mise, la barre est fixée à dix-huit ans. En France, les jeux d'argent et de hasard sont interdits aux mineurs, sans exception. Cela vaut pour le bingo comme pour la loterie, les paris ou le casino. Les opérateurs en ligne sont tenus de vérifier l'identité et l'âge de leurs clients à l'ouverture d'un compte.
Le cas des lotos associatifs mérite une précision. Comme ils supposent une participation payante, ils relèvent des jeux d'argent : les organisateurs demandent en général que les mineurs soient accompagnés d'un adulte, et c'est l'adulte qui est réputé jouer.
Qui peut organiser un bingo ?
En France, on ne peut pas organiser librement une partie payante. Le principe posé par le code de la sécurité intérieure est l'interdiction des loteries, assortie d'exceptions précises.
Les associations peuvent organiser des lotos traditionnels, appelés aussi quines, rifles ou poules au gibier. Trois conditions encadrent cette possibilité : la partie doit se tenir dans un cercle restreint, poursuivre un but social, culturel, scientifique, éducatif ou sportif, et respecter des mises de faible valeur, inférieures à vingt euros. Les lots sont remis en nature : ni espèces, ni bons remboursables.
Les comités d'entreprise, écoles, clubs sportifs et paroisses entrent dans le même cadre dès lors qu'ils remplissent ces conditions. Une déclaration préalable auprès de la mairie ou de la préfecture est généralement demandée selon les départements.
Les opérateurs commerciaux, eux, ne peuvent pas proposer de bingo payant en France, à l'exception de la Française des jeux, qui exploite le jeu en ligne sous droits exclusifs.
Enfin, n'importe qui peut organiser un bingo gratuit : soirée entre amis, animation d'entreprise, kermesse sans participation financière. Aucune formalité n'est requise.
Ce que le joueur ne contrôle pas
Une fois les cartons achetés, plus aucune décision n'appartient au joueur. Il ne choisit pas les numéros tirés, ne peut ni relancer ni s'arrêter en cours de partie, et ne dispose d'aucune information que les autres n'auraient pas. Cette absence totale de prise de décision distingue le bingo du poker ou du blackjack et explique pourquoi il est classé parmi les jeux de pur hasard.